Le pére de Katia:J’accuse cette réconciliation pour la paix qui a glorifié et amnistié ces monstres assassins

Posté par miloud medjamia le 27 février 2008

Actualités : J’accuse !
(Hommage aux victimes de l’intégrisme religieux)
Par M. Bengana*

Le 28 février 1994 – le 28 février 2008, voilà déjà 14 ans depuis ton assassinat par l’intégrisme religieux pour avoir refusé de porter le voile contre ta volonté. Et depuis cette date, ta mère n’a pas cessé de te pleurer chaque jour que Dieu fait. Aujourd’hui ma chère Katia, je tiens à t’annoncer que ta mère est venue te rejoindre pour de bon dans sa dernière demeure en cette date du 23.01.2008 vers 23 heures environ.

Prends soin de ta mère, ma chère Katia. Fasse Dieu qu’elle ne manque de rien avec toi. Rassure-la que de notre côté tout va bien, et qu’elle n’a pas à se faire de soucis surtout pour Celia, la dernière de la famille. Car ici-bas, tu lui as beaucoup manquée Katia. Elle a manqué de tout à cause de cette politique favorable à l’intégrisme religieux de la part de ceux qui sont censés nous protéger et nous rendre justice. Ta perte cruelle, son chagrin, son désespoir, ses souffrances, ton deuxième assassinat à travers cette réconciliation nationale ont fait que ta mère et moi-même n’avons pas pu tenir le coup. La non-prise en charge de notre situation dramatique par l’Etat, les difficultés matérielles et sociales suite à ta disparition ont fait que ta mère n’a pas pu résister à sa maladie qui n’a pas été prise en charge afin de la sauver d’une mort prématurée par manque de moyens et de désespoir. Aussi, j’accuse le pouvoir algérien de nous avoir abandonnés à notre sort. J’accuse ceux qui ont relâché et pardonné à ces sanguinaires aux mains tachées de sang. J’accuse le pouvoir algérien pour ses sympathies avec les bourreaux de nos parents. J’accuse cette réconciliation pour la paix qui a glorifié et amnistié ces monstres assassins de plus de deux cent mille civils innocents et autres corporations confondues. J’accuse tous ceux qui ont voté pour ce référendum de la honte. J’accuse cette réconciliation qui a consacré l’impunité et qui a ignoré la justice. J’accuse tous ceux qui ont été indifférents à notre douleur. J’accuse tous ceux qui ont été favorables à cette mascarade de vente concomitante d’êtres humains, de civils et autres pour simplement plaire aux maîtres et par la même occasion obtenir quelques miettes en contrepartie de leur soumission et servitude. J’accuse cette réconciliation qui nous a assassinés une deuxième fois à travers cette idéologie arabo-baâthiste pour faire de nous des Arabes par la force et malgré nous. J’accuse tous ceux qui instrumentalisent la religion pour se maintenir au pouvoir en sacrifiant des civils et autres. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour y accéder en assassinant des innocents. J’accuse tous ceux qui utilisent la religion pour nous détourner de nos racines, de nos coutumes, de nos traditions et de notre langue historique et ancestrale. J’accuse tous ceux qui persistent à vouloir un troisième mandat simplement pour préserver leurs acquis et autres au détriment de la majorité du peuple qui crève de faim. J’accuse tous les souteneurs d’un troisième mandat pour seulement consolider leur position, et pourquoi pas l’améliorer sur le dos du peuple algérien qui n’a pas fini de souffrir.
M. B.

* Père de Katia âgée de 17 ans, lycéenne assassinée à Meftah le 28 février 1994 pour avoir refusé de porter le voile contre sa volonté.

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La “caméra cachée” du 3e mandat, par :Mustapha Hammouche

Posté par miloud medjamia le 25 février 2008

Chronique (Lundi 25 Février 2008) Quotidien Liberté

La “caméra cachée”

Par :Mustapha Hammouche

Vendredi dernier, l’ENTV a pu filmer et diffuser, dans son journal du soir, des images de jeunes de la wilaya de Tizi Ouzou réunis pour écouter et approuver un appel local pour un troisième mandat.

Comme le montage est représentatif du fonctionnement des républiques bananières, nous estimons qu’il est pédagogique de le reconstituer à l’intention des apprentis manipulateurs. Tous les jeunes rassemblés dans la “Maison de la culture”, vendredi dernier, sont candidats à un microcrédit. Ils ont été dûment convoqués par les services concernés pour, officiellement, les informer de l’état d’avancement de leur dossier. Attirés par la perspective de bonnes nouvelles concernant leurs démarches, ces chômeurs qui, pensaient-ils, vont bientôt pouvoir entreprendre leurs petites affaires, ont spontanément et massivement répondu à l’invitation. Rassemblés dans un amphithéâtre, ils eurent droit à un discours du ministre Ould-Abbès sur les efforts de l’État pour aider les jeunes à s’occuper, mais d’abord à un discours d’un “représentant de la population locale” qui, dans la langue du terroir, implorait le Président à se présenter pour un troisième mandat.
 

Il ne restait plus qu’à en appeler au génie de rafistolage de l’Unique pour transformer l’occasion en rassemblement pour un troisième mandat. Faites gaffe ! “El kaméra el makhfia” (la caméra cachée) du troisième mandat se balade partout dans la moindre réunion de plus de trois personnes !

S’il ne s’agissait que de constater l’aptitude à provoquer l’illusion de popularité, on s’en tiendrait à acclamer l’exploit réédité. Mais derrière la mise en scène, il y a des acteurs involontaires ahuris de voir que l’État, ou plus précisément ceux qui sont censés le représenter, est en train de les abuser à des fins politiciennes.

Le procédé est éculé, même s’il a tendance à disparaître avec la raréfaction des régimes impopulaires. Il consiste à détourner l’expression populaire de sa fin réelle pour la présenter comme une manifestation à l’avantage du pouvoir. Pour les besoins de la cause en cours, il suffit d’injecter au milieu d’une foule un préposé à la lecture de l’appel pour un troisième mandat.Il est désolant d’assister ainsi au détournement d’institutions, comme l’Ansej par exemple, de leur généreuse vocation originelle et de les engager dans un malsain processus de prise de pouvoir. Il est encore plus déplorable qu’un gouvernement recoure à la subornation d’une jeunesse qu’on attire par l’espoir de voir sa situation sociale réformée pour la prendre ensuite à témoin d’un appel électoral.

On n’en est qu’au début d’une campagne d’exhortation du Président en exercice à envisager un mandat de plus, et déjà l’on fait flèche de tout bois. Cela va de l’usage privatif des moyens de l’État, de ses médias, de sa police, de sa justice, de son administration au détournement arbitraire de l’expression populaire.

Il y a une inclination féodale des clans à se river au pouvoir. Mais quelle gloire y a-t-il à diriger un État si, pour cela, il faut tricher avec son peuple et maintenir son pays dans un état de sous-développement politique ?

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

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L’Instution présidentielle de la République Algérienne: « J’y suis, je reste! » partie 1

Posté par miloud medjamia le 20 février 2008

Comme dans un amour affligé, je me suis laissé à divaguer à l’image de mon idole CASTRO de son nom, que le pouvoir était trop éreintant jamais trop lassant, comme avoir trop d’argent et peu d’amis. Eh bien, il n’en est rien, il a fallu 50 ans! Cette évidence circonstancielle me peine mais je m’en accommode fâcheusement sachant que mes enfants et ceux de mon voisin, sont grands sans ambition à prétendre figurer dans l’illustre annale de l’Algérie politique. 

Qu’est-ce qui fait tant courir, ces hommes devenus des personnalités politiques prédestinées et qui veulent le demeurer jusqu’à l’extinction de la race algérienne et de sa progéniture; à tout verrouiller au point que le peuple algérien ne respire que par le seul trou de la serrure au moment où la verdure se fait rarissime.  Les algériens vont  vivre une année 2008 exceptionnelle de matraquage et de ghaïta constitutionnelles sur fond de cris de contestations sociales de toutes sortes. Le président de la république, garant de la Constitution, demeure pour l’instant silencieux jusqu’à la finalisation du deal à l’appui des « moubaya’rate ».  Ils sont là:

-Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah avait indiqué que « l’appel à la révision de la Constitution n’est pas l’apanage d’un groupe, mais une nécessité imposée par le développement du pays« .  De quels développements et de quelles chimères peut s’enorgueillir M. Bensalah ? S’il y a des avancées significatives au point que la Constitution constitue désormais un frein à l’expression démocratique et aux libertés, au fonctionnement des Institutions et au progrès social, faut-il applaudir à la révision la Constitution? Quels sont les articles et les soubassements qui en sont l’origine? L’article 74 ? Normalement et objectivement c’est le seul article à ne pas modifier pour se congratuler du succès de ces dix années. 

- Le président de l’APN  M. Ziari affirme que la question de la limitation des mandats (…imposée par l’étranger dans le souci d’assurer l’alternance du pouvoir) pour considérer qu’aller au-delà de deux mandats, « ne touche en rien au processus démocratique ». C’est la question principale et ses contours! C’est quoi le processus démocratique pour M. Ziari ? Sous d’autres cieux, les sociétés ont pu, assez facilement, se créer les assises de leur souveraineté dans la stabilité et le bon fonctionnement des Institutions. 

-Le RND d’Ouyahia  Le 24 janvier, en marge de l’installation de la commission nationale de préparation du 3e congrès ordinaire (un autre 3e) du parti M. Ahmed Ouyahia: « Nous soutenons la révision constitutionnelle pour offrir un cadre constitutionnel adéquat permettant au président Abdelaziz Bouteflika de garantir la consolidation de la stabilité du pays et le parachèvement du processus de redressement national ». QUELE OFFRANDE! L’Expression journée quotidienne Sous la plume d’Achira Mammeri dans « l’Expression« , ce commentaire: « Une position (celle d’Ouyahia ndlr) qui a surpris plus d’un, sachant que jusqu’à cette date, l’homme a nourri le mystère. Ouyahia a brisé le silence au moment opportun pour, assurément, faire barrage à ses adversaires potentiels, à l’image de Abdelkader Bensalah, le président du Sénat, et ancien secrétaire général du parti, qui ne rate aucune occasion pour revendiquer son soutien au président dela République« .

« Le peuple dans toutes ses composantes »  Quel peuple miraculé nous sommes? Qui sont ces unanimes de la rente?

Les représentants des partis politiques et leurs députés, les organisations de masse, et à leur tête le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), le secrétaire général de l’Organisation nationale des enfants de moudjahidine (ONEM), le secrétaire général de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), sont partisans d’un troisième mandat pour répondre à l’appel du « peuple dans toutes ses composantes »

- Les Indépendants  M. Djemaï Mohamed, ancien militant du FLN, vice-président de l’APN et porte-parole du groupe parlementaire des « indépendants », en vient au ralliement parce qu’ « il n’y a point de place aux idéologies et surenchères politiciennes quand il s’agit de l’avenir de la nation et des intérêts communs du peuple. La décision de demander au président de réviser la Constitution a été prise après l’examen par les représentants indépendants et élus locaux des questions nationales tout en tenant compte des aspirations et attentes du peuple algérien« . 

-El Moujahid  dans son édition du samedi 09 février 2008 exulte sous la plume de M. Brahim: « Le Président Bouteflika est venu avec un projet  de société, global et cohérent, qui met en mouvement l’ensemble des mécanismes de sortie de crise, dans un premier temps, pour ensuite pouvoir mettre le cap sur les réformes qui ont donné les résultats spectaculaires que l’on connaît. Le prix de la rigueur, de l’effort, du sérieux et de la fermeté dans la gestion de la chose publique ». 

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Abdelhamid Mehri: PORTRAIT par Hamid Tahri in El Watan

Posté par miloud medjamia le 14 février 2008

El Watan Edition du 14 février 2008 > Portrait 

Abdelhamid Mehri . Militant de la cause nationale, Ancien patron du FLN 

« Le champ politique est meublé artificiellement » 

Parmi les droits de l’homme et du citoyen, il y en a un qui ne figure pas expressément dans aucune des déclarations et auquel, cependant, on tient particulièrement : c’est le droit de savoir ce qui se passe. Pierre Mendès France
 

L’homme a-t-il vraiment changé ? Il est toujours là, inusable, infatigable à bientôt 82 ans. On s’était connus au lycée Amara Rachid, au milieu des années soixante lorsqu’il était professeur d’arabe. Quelques phrases bien pensées suffisent à dissiper l’illusion. Ton professoral, l’enseignant qu’il fût use de pédagogie et de l’art de communiquer propres au métier, même si les contingences ont fait qu’il choisisse les tribunes politiques aux estrades des classes. En fait, la frontière n’est pas brouillée entre les deux vocations. Les mêmes messages pour un même idéal : un combat de tous les jours pour l’épanouissement de l’homme et de la société avec l’espoir comme principale trame. Même si de toute la gamme des sentiments, l’espoir est le plus humain, donc le plus désespérant, donc le plus dégradant, pour reprendre Cioran. Dans le salon où il nous accueille, trône une flopée de livres. Des photos historiques avec les grands de ce monde ornent les murs. C’est que l’homme a bourlingué en politique. Près de 60 ans dans la sphère tumultueuse de la politique, cet art du possible ! Flash-back sur l’itinéraire exceptionnel de cet homme d’appareil, pas aussi dogmatique qu’on a tendance à le penser. Sur la situation de son parti, il est sans appel : « Je crois qu’il y a un FLN à mettre à la retraite. C’est le FLN parti unique, le FLN couverture et marchepied vers le pouvoir. Ce parti-là, il faut le mettre au musée, c’est certain. Mais le FLN du peuple, celui du 1er novembre, des militants qui ont travaillé pour l’édification de l’Algérie, personne n’a le droit de le remettre en cause. Evidemment, sauf un coup de force. Mais personne ne peut légitimement lui dénier le droit de poursuivre sa mission, sauf le peuple », déclarait-il il y a quelque temps. Paroles d’une brûlante actualité, vous en conviendrez. Depuis le coup d’Etat scientifique qui a secoué le vieil appareil, Mehri observe de l’extérieur les crises qui agitent le parti, « son » parti avec lequel il a grandi et au sein duquel il a occupé de hautes fonctions.

Un parcours militant

 Il est né le 3 avril 1926 au Khroub, près de Constantine, mais c’est à Oued Zenati qu’il vécut avec sa famille et où son père Amar a été désigné en qualité d’imam. Abdelhamid apprit le Coran auprès de son père et de son frère aîné cheikh El Mouloud qui a vite pris la relève de son père. En 1939, Abdelhamid rejoint la medersa libre Ettahdhib de Oued Zenati où il poursuit son apprentissage. En 1946, il part à Tunis où il intègre la fameuse université de la Zitouna qui rayonnait sur l’Afrique du Nord. Son séjour s’y prolongera jusqu’en 1951 où il est expulsé par le résident général français en Tunisie. « Je représentais secrètement le PPA à Tunis auprès du Destour. Ils se sont rendu compte de mon activité clandestine et n’ont pas hésité à me renvoyer. » En 1951, il retourne à Alger après avoir été responsable du PPA à Sétif. « C’est durant cette période que j’ai fait la connaissance de Abane Ramdane, alors chef de région, pour le parti. » Dans la capitale, Abdelhamid est permanent à la direction centrale du Parti, chargé de la commission culturelle et religieuse. « Je m’occupais notamment de la presse, précisément de la revue El Manar de Bouzouzou puis Saout El Djazaïr qui n’a pas fait long feu, et de la commission des medersas libres affiliées au PPA »

 Les torts de Messali 

En 1953, il participe au congrès du MTLD à Alger. « Depuis 1952 déjà, on commençait à organiser le premier noyau des anciens de l’OS, avec d’autres permanents du parti. Ce qui a donné naissance au CRUA puis à la réunion des 22. » Après le congrès de 1953, Abdelhamid est coopté membre du comité central du MTLD/PPA. « Lorsque la crise a éclaté, j’ai pris position avec les centralistes contre Messali. » A la question de savoir si Messali, malgré ses excès et ses travers, n’a pas été accablé par la suite par les critiques acerbes, M. Mehri explique : « Il a eu certainement tort d’agir personnellement et tenter de régler le problème de l’Algérie, seul, en dehors de tous les organes du parti. » « C’est une vision non acceptable », martèle-t-il sentencieusement. Au déclenchement de la lutte, M. Mehri est arrêté le 22 décembre 1954 à Alger avec un grand nombre de dirigeants politiques. Il bénéficie en mai 1955 d’une liberté provisoire. Aussitôt libéré, il replonge dans la clandestinité en prenant contact avec Abane. Il est envoyé au Caire où il intègre la délégation extérieure du FLN. En novembre, il est à Damas où il dirige le bureau du parti qui lui donne mandat pour rayonner sur toute la sous-région. Il prend part aux travaux du CNRA au Caire en août 1957 à la suite desquels il a été désigné membre du CCE. Ces nouvelles charges le contraindront à quitter Damas. Il fait partie de la délégation du FLN à la conférence de Tanger en avril 1958. Il est membre du premier GPRA, ministre des Affaires nord-africaines. Dans le deuxième GPRA, il est ministre des Affaires sociales et culturelles alors qu’il ne figure pas dans la composante du troisième GPRA. En 1962, après la scission du CNRA de Tripoli, il retourne à l’enseignement après avoir poliment décliné le poste d’ambassadeur au Maroc. En 1963, il enseigne au lycée Amara Rachid avant de prendre quelques mois après la direction de l’Ecole normale de Bouzaréah, tout en assurant les fonctions d’inspecteur du primaire de la circonscription. En 1970, il est appelé au poste de secrétaire général du ministère de l’Enseignement primaire et secondaire, dirigé à l’époque par Abdelkrim Benmahmoud. Il y restera jusqu’en 1976. Il réintègre sa fonction de directeur à l’Ecole normale de Bouzaréah. Il participe au 4e congrès du FLN. Il est désigné en 1981 président de la commission centrale information-formation et culture du FLN. 

Ambassadeur à Paris 

En 1984, il est ambassadeur d’Algérie à Paris, poste qu’il occupe pendant 4 ans. Il est ensuite nommé chef de la représentation diplomatique au Maroc. Après les événements d’octobre 1988, il est appelé en qualité de secrétaire permanent du comité central. Au 6e congrès du FLN, il est élu secrétaire général du parti jusqu’en 1996, date du fameux complot scientifique. Depuis, c’est un observateur averti de la scène politique. C’était là son bilan. Quant à celui de l’Algérie, il en parle avec une certaine ferveur. « L’expérience de la révolution algérienne est très riche. Malheureusement, on ne s’est pas donné le temps et les moyens de l’étudier et de l’approfondir et surtout permettre aux Algériens, quelles que soient leurs tendances, d’apporter leur contribution à travers un dialogue permanent et démocratique. Qu’il y ait des divergences d’appréciation sur cette expérience, c’est normal. L’essentiel est de ne pas réduire ces divergences à la dimension subjective et personnelle et aller au-delà de l’expérience générée par des luttes opiniâtres du peuple algérien pour reconquérir sa place dans le concert des nations. Je reste convaincu que le projet du 1er Novembre demeure valable pour affronter les grands défis actuels et à venir, à condition de bien lire et de bien comprendre la déclaration du 1er Novembre qui ne se contente pas de concrétiser les revendications d’indépendance et qui stipule également la construction d’un Etat démocratique et social et la réalisation de l’unité maghrébine. Deux grands objectifs qui demeurent d’actualité et qui conditionnent le destin du peuple algérien. »  L’occasion est propice pour évoquer cette transition démocratique qui semble bégayer depuis longtemps. Notre interlocuteur change de ton en martelant ses phrases : « Une transition démocratique pour mériter son nom doit être l’œuvre des Algériens sans exclusion aucune. » Quant à l’ouverture démocratique confrontée à un verrouillage sans précédent, il en parle volontiers. « La mondialisation est une donnée objective. On ne peut l’accepter telle qu’elle se présente où la refuser. Mais l’ouverture qu’exige cette mondialisation avec un pouvoir non démocratique génère, inévitablement, de la corruption, des inégalités et de l’injustice. Cela aboutit à ce que vous souteniez tout à l’heure : l’Algérie est un pays riche, avec un peuple pauvre. » M. Mehri va plus loin dans son analyse en s’appuyant sur les faits de tous les jours, « qui sont le meilleur indice de l’état de santé d’un pays ». « Le fait de prôner l’ouverture sur le plan économique et maintenir un régime qui exclut le peuple de la sphère des décisions politiques importantes, c’est immanquablement ouvrir le chemin à la corruption. J’aime bien qu’on s’ouvre sur le monde. Mais les Algériens peuvent-ils réellement s’occuper des affaires de leur pays face à un pouvoir occulte ? Les scandales financiers qui éclatent quotidiennement sont en fait inévitables. » Dans un autre registre, M. Mehri qui a toujours prôné le dialogue, persiste à dire, depuis Sant Egidio que « l’Islam politique est une donnée importante dans le paysage algérien, comme partout d’ailleurs, dans le monde musulman. On peut avoir des divergences pour apprécier ce phénomène. Etre pour ou contre sur tel ou tel aspect, telle ou telle action. Que prônent les différents courants de l’islamisme politique ? Mais, on ne peut faire comme s’il n’existait pas, ou vouloir, comble du ridicule, l’occulter par des décisions purement administratives. » 

Lorsqu’on lui fait part du rôle de l’opposition, des partis politiques, de la société civile, M. Mehri, avec son calme légendaire, assène ses vérités qui ne seront certainement pas appréciées. « Pour le moment, c’est une démocratie de façade. Le champ politique est très souvent meublé artificiellement par des créations artificielles », affirme -il. Quant à l’agitation frénétique autour de la reconduction de l’actuel locataire du palais d’El Mouradia pour un autre mandant, M. Mehri semble ne lui accorder un quelconque intérêt. « La priorité, soutient-il, doit plutôt être donnée à un changement réel de la nature du pouvoir. Sans ce changement consensuel, avoir encore des élections à quelque niveau que ce soit ne prépare pas l’Algérie à affronter les nombreux défis auxquels elle doit faire face. Continuer sur cette voie, avertit-il, ne mène à rien ». Optimiste pour l’Algérie, M. Mehri ? « Si on ne l’était pas, pourquoi militer pendant tant d’années et continuer à le faire, malgré toutes les vicissitudes et tous les vents contraires… »

PARCOURS 

Naissance à El Khroub le 3 avril 1926. Adhérent du PPA/MLTD. Il étudie à Tunis. Il s’y occupe des activités de son parti et y organise l’émigration algérienne, noue d’étroits contacts avec le parti tunisien du Néo Destour. Arrêté en décembre 1954, il est libéré en mai 55. Il rejoint le Caire d’ou il est envoyé à Damas pour représenter le FLN dans la région. Elu au CNRA en 1956 au CCE en 1957, M. Mehri est au GPRA en septembre 1958, ministre des Affaires du Maghreb arabe. Il représente le gouvernement en 1958 à la conférence de Tanger, qui groupe les principaux partis nationalistes du Maghreb. Ministre des Affaires sociales et culturelles du deuxième GPRA (60/61), il quitte la politique en 1962 pour enseigner au lycée Amara Rachid puis devient directeur de l’Ecole normale de Bouzaréah. Il est membre du comité central du FLN en 1979. Il est nommé ministre de l’Information et de la Culture dans le premier gouvernement de Chadli, le 8 mars 1979. Ambassadeur à Paris et à Rabat, secrétaire général du FLN qu’il dirige de 1988 à 1996. Il est aussi secrétaire général du Congrès panarabe qui regroupe d’anciens hauts fonctionnaires et intellectuels arabes. 

Hamid Tahri 

 

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TURQUIE:Le parlement légalise le voile à l’université… et puis quoi encore!?

Posté par miloud medjamia le 9 février 2008

les universitaires pourront porter le voile!

(AP)APTURQUIE:Le parlement légalise le voile à l'université... et puis quoi encore!? dilemLiberté

Le Parlement turc a adopté samedi 9 février les deux amendements constitutionnels présentés par le gouvernement pour lever l’interdiction du port du voile à l’université. Le Parlement a adopté par 403 voix contre 107 l’amendement qui insère dans la Constitution un paragraphe selon lequel tous les citoyens ont le droit à un traitement égal de la part des institutions publiques. L’amendement stipulant que « personne ne peut être privé de son droit à une éducation supérieure » a été adopté par 403 voix contre 108, selon le président du Parlement Koksal Toptan.
La réforme était portée par le Parti de la justice et du développement (AKP) du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, avec l’appui du parti d’opposition nationaliste MHP.
Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues d’Ankara samedi 9 février pour manifester contre cette autorisation. « La Turquie est laïque et restera laïque », ont scandé les protestataires. Cette nouvelle disposition ne modifie pas les règles applicables aux fonctionnaires en général et à l’école primaire et secondaire.

L’Europe clamée « judéo-chrétienne » s’en accomodera comme elle le fait dans toutes ses contradictions, conduite par la très chrétienne Pologne. Il paraît selon Sarkosy que « le curé est complémentaire du maître d’école ».

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ESPACE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR UNE ALTERNATIVE DÉMOCRATIQUE

Posté par miloud medjamia le 7 février 2008

ESPACE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR UNE ALTERNATIVE DÉMOCRATIQUE (ESCAD)
Appel à la société civile démocratique
 

Les organisateurs de la cérémonie de recueillement à la mémoire des victimes des attentats du 11 décembre 2007 se sont réunis à plusieurs reprises pour donner suite à leur initiative au regard de la situation prévalant dans le pays. Ils ont estimé que les attentats terroristes islamistes, conséquence directe de la politique de réconciliation nationale menée par un pouvoir autiste, signait l’échec de cette politique, de manière irrémédiable. 

Ils ont apprécié l’ampleur de la condamnation nationale et internationale suscitée par ces actes barbares contre une population innocente et désarmée. Par contre, ils se sont interrogés, comme toutes les Algériennes et les Algériens, au sujet de l’inexcusable silence du chef de l’Etat, durant cette période de recueillement et de solidarité. Ils ont estimé que leur action du 18 décembre 2007, par sa seule force symbolique, était en parfait accord avec le mouvement de désapprobation nationale qui confirme le fossé sans cesse grandissant entre les gouvernants et les gouvernés, illustré par les abstentions massives aux élections législatives du 17 mai et des communales du 29 novembre 2007, traduisant ainsi le rejet du système et de l’intégrisme : Face aux interdictions, entre des réunions publiques, l’accès aux médias lourds, et aux tentatives de musellement de la presse indépendante et des syndicats autonomes. Face au profond mécontentement exprimé par tout un peuple, et son insatisfaction croissante s’exprimant de diverses manières, notamment par des grèves et des émeutes locales. Les organisateurs de la cérémonie du 18 décembre 2007 ont décidé de créer un espace de concertation dénommé «Espace de société civile pour une alternative démocratique», — ESCAD — ouvert à toutes les Algériennes et Algériens, où qu’ils se trouvent, afin de réfléchir ensemble, à toutes actions et alternatives pour l’édification d’un Etat démocratique, républicain et moderne.

Alger le 1er février 2008
Les premiers signataires
Djazaïrouna, Collectif d’enseignants, CDLS (syndicats), Tharwa-Fadhma N’soumeur, CCDR, MDS et des citoyens.
Adresse E-mail : escad_2008@yahoo.fr 

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MAZAL EL KHEIR MAZAL ! par Hakim Laâlam

Posté par miloud medjamia le 5 février 2008

MAZAL EL KHEIR MAZAL !
MAZAL EL KHEIR MAZAL ! par Hakim Laâlam dans articles de presse pousse Par Hakim Laâlam  
Email :
laalamh@yahoo.fr
Selon des experts, l’Algérie délaisse ses zones humides, ne s’en occupe pas suffisamment et ne les valorise pas comme il se doit. 

Je suis tout à fait d’accord ! Occupons-nous un
peu mieux de nos zones humides !

Là, c’est sûr ! La campagne pour les présidentielles de 2009 est lancée. Et de quelle manière ! Superbe ! Eclatante. Pleine de promesses quant à l’avenir. D’abord, cette justice qui s’est mise au sprint depuis quelques semaines et qui débite les procès de harragas comme les bûcherons canadiens débitent le bois dans les majestueuses forêts du Klondike. Hier déjà, j’évoquais ici même cette performance de nos hommes de loi lorsqu’il s’agit de condamner les zombies juchés sur des coquilles de noix. Aujourd’hui, et dans la foulée de cette justice sprinteuse, je veux, à la suite de nombreuses lettres de lectrices et lecteurs qui m’ont signalé l’information, rendre hommage à cette extraordinaire initiative qui honore ses promoteurs : la création d’une unité spéciale de la gendarmerie pour traquer les harragas. Comment, dans la liste infinie des emmerdements qui nous polluent la vie depuis des lustres, n’avons-nous pas pensé à créer cette unité d’élite ? Comment avons-nous pu vivre jusque-là sans des gendarmes renifleurs de barques clandestines ? Maintenant, avec du recul, je comprends mieux certaines de mes périodes de spleen, de découragement profond et de quasi-renoncement. Il manquait quelque chose à mon bonheur. Ça, je le savais. Mais quoi ? Cela, je le sais enfin ! Il manquait cette merveilleuse invention qui vient de voir le jour, le pandore spécialiste de la traque des harragas. Du coup, mon stress a vachement baissé, a perdu d’intensité. Comme le stress des citoyennes et citoyens de la wilaya de Blida. Eux aussi, dans l’énorme fatras de problèmes qui minent leur quotidien depuis des années avaient conscience que quelque chose manquait à leur bonheur. Depuis quelques semaines, ça y est ! Ils sont aux anges. Des policiers ont été mobilisés devant les débits de boissons afin d’interdire la vente d’alcools. Pas une goutte de kham’r en ville. Même pas de l’extrait de rose ! Ce sont là les prémices de ce que sera demain. Votre demain. Une justice rapide à achever ceux qui ont survécu à l’enfer des flots. Des gendarmes en short et avec tubas pour traquer les traqueurs de rêves. Et des flics embusqués derrière des échoppes à tendre l’oreille au moindre bouchon qui saute. Voilà quelques extraits, les premiers extraits de votre bonheur à venir. Réjouissez-vous, car mazal el kheïr mazal ! Tellement mazal, que je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

in le Soir d’Algérie, édition du mardi 5 février de l’an 2008

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brigades « spécial harraga »

Posté par miloud medjamia le 4 février 2008

Le malvie toujours, les harraga aussi!emoticone

Gendarmerie et gardes-côtes n’arrivent pas à endiguer le phènomène de l’émigration clandestine de nos enfants, ayant perdu leur âme d’un pays en droit de déshérence, s’en remettent à des brigades « spécial harraga ». C’est ce que rapporte la presse. Ces harraga « brûleurs » de frontières et liberté de circulation, ces fanatiques du « Lâ-bas », ces jeunes ne ne sont pas des « brûlis » d’un champ ou une forêt pour la cultiver et la fertiliser mais des lanceurs de  »brûlots » à la conscience nationale.

Comment devient-on harrag au moment où seule la joie de vivre devrait lui sourire, lorsqu’il (elle) sait que la mort certaine l’attend ? Cette forme de suicide collectif abominable m’ébranleet me mine, tout comme les suicides de ces pères de famille qui ne pouvaient plus nourrir leur famille. Je suis certain que la société l’est aussi. J’ai de la peine à pleurer, sans espoir que cela change.

Toutes les politiques, et celle de la jeunesse en particulier, ont été des échecs patents, sans espoir, en partant de l’école, des sports, de la culture, du divertissement… au travail. Nous avons connu nos enfants tueurs ou suicidaires en kamikazes. Dans ce désert, les mirages de soif de vie, les rêves mènent sur les routes de l’enfer pas au Paradis ! C’est un cri qui semble désormais entendu, chaque jour un « attentat » de jeunes qui s’explosent. 

Alors on s’en remet aux spots publicitaires, aux « brigades »… Et, diable, quoi encore ? Battez-moi!

Miloud Medjamia

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Les citoyens de Tlemcen: »Nous avons des hommes du pouvoir… mais pas le pouvoir »

Posté par miloud medjamia le 30 janvier 2008

Les citoyens de Tlemcen : « Nous avons des hommes du pouvoir… mais pas le pouvoir » Neuf ministres de la République sont issus de la wilaya de Tlemcen, dont trois de la même tribu de M’sirda, près de Maghnia. Tlemcen et Nedroma se partagent le reste… Tlemcen. De notre bureau Il serait très injuste de considérer Tlemcen comme wilaya privilégiée, en se basant sur l’origine des ministres de cette région frontalière qui composent le gouvernement actuel. « C’est un raisonnement simpliste dont ont été victimes nos concitoyens de l’est du pays quand, par le passé, les rênes du pouvoir étaient entre les mains des gens de cette partie de l’Algérie. Nous aussi, nous tombions dans ce piège et nous le regrettons aujourd’hui. La vérité est que si des hommes qui forment le pouvoir, aujourd’hui, sont issus de notre région, il faut savoir que nous ne sommes pas le pouvoir », affirme d’emblée, quasiment en colère, un sociologue de la région frontalière. « La seule reconnaissance qu’on pourrait avoir pour « ces fils du bled », c’est la construction des tribunaux et des projets de prisons dans notre région, comme s’ils veulent tous nous juger et nous incarcérer », disent amèrement les autochtones. 

« UNE RÉFÉRENCE QUI NE NOUS REND PAS SERVICE » Une « reconnaissance » dite sur un ton de dérision. « Savez-vous qu’une circulaire ministérielle, datée de 2005, a érigé une sorte de nouvelles frontières à 35 km de Maghnia (carrefour entre la bande frontalière, Tlemcen et Oran) et assujettissant tous les commerçants à déclarer leurs marchandises locales ou importées aux postes de
la Douane et de la Gendarmerie nationale implantés définitivement sur les lieux, alors que la véritable frontière avec le Maroc est devenue une passoire ? Voyez-vous la récompense de nos ministres ? Avoir de la région le président de la République, des ministres et toute une panoplie de conseillers de la haute sphère ne nous sert nullement. Nous n’en tirons aucun profit ni mérite. Le plus malheureux, c’est cette référence de citoyens privilégiés dont on nous affuble et qui, en vérité, ne nous rend pas service », déclare un citoyen qui parle de malédiction. Cependant, si les citoyens de cette région ouest rejettent « tout honneur acquis grâce à cette référence », des hommes de Nedroma, de Tlemcen et de Maghnia sans statut, se morfondant dans leur anonymat depuis des lustres, se sont retrouvés projetés au-devant de la scène, depuis l’intronisation du président Bouteflika. Des hommes inconnus se sont redécouverts des liens de parenté avec tel ou tel ministre ou carrément avec le chef de l’Etat et sont devenus la qibla des promotions, le sésame aux énigmes les plus insolubles. Qui ne connaît pas ce maçon, par exemple qui, se rappelant qu’il était cousin du président, s’est rapidement transformé en personnalité locale accompagnant le wali dans toutes ses sorties officielles ? Pour les mémoires courtes, à l’époque où Ahmed Ben Bella était en prison, il n’était pas conseillé de se déclarer Maghnaoui. Et tout slogan ou témoignage au bénéfice du premier président de
la République était passible de représailles. « A l’époque, se rappelle un enseignant, lorsque on gribouillait sur les murs le nom de Ben Bella, le lendemain, tous les jeunes du quartier étaient embarqués et torturés. Enfin, toute la ville était bannie par le pouvoir. Aujourd’hui, Ben Bella est réhabilité, mais pas la population. » Pire, une « secte » est née avec cette réhabilitation et bénéficie de sa part de privilèges. « Ce qui nous torture, aujourd’hui, ce sont ces walis qui, oubliant qu’ils sont des commis de l’Etat et au service du peuple, se sont entourés de gens, mis sur le compte de nos ministres et du président de
la République, pour se refaire une virginité et se garantir une pérennité dans la région. Dans notre wilaya, ceux qui en profitent sont les proches des hommes du pouvoir et ceux qui s’en considèrent ainsi. » 
HOSTILITÉ DE CERTAINS MINISTRES C’est connu : dans cette région, l’administration est réputée pour sa rigidité. Pour obtenir une simple carte grise, il faut attendre plus d’une année. Pour avoir une autorisation de creusage de puits, il faut avoir les coudées franches. Et pour « gagner » une audience avec le chef de l’exécutif, il faut passer par les sbires des gens du pouvoir local, élevés à ce statut depuis 1999. Depuis cette date, des personnes se sont subitement enrichies grâce à des projets octroyés dans tous les cadres (investissements suspects, PNDRA, FNDRA…) au même moment où le reste des Algériens s’est davantage appauvri. « Pour certains, c’est facile de construire des bâtisses à proximité des ruines de Mansourah, en dépit de l’interdiction de la loi. Pour la majorité, il est impossible de demander un simple droit se résumant à l’obtention d’une régularisation ou un livret foncier. Ce qui est permis pour les uns est interdit pour les autres. » Tlemcen pâtit trop de ses fils au pouvoir au point où un jour, le wali, n’étant pas en odeur de sainteté avec un représentant du gouvernement, ne s’était pas gêné devant des élus de l’APW et des journalistes pour dénoncer un fait curieux. « J’ai longtemps bataillé pour ramener un hôpital spécialisé à Tlemcen, un de vos ministres (de la wilaya de Tlemcen) s’y était fermement opposé et l’a délocalisé dans une autre wilaya. » Un aveu qui confirme l’indifférence, presque l’hostilité de certains de ces ministres à leur région. Une attitude assimilée à une sorte de dédouanement de ces ministres qui veulent être des ministres de la République et pas d’une contrée, comme s’est proposé de nous l’expliquer, sans en être prié, le proche d’un ministre. « Nous ne leur demandons rien, justement, sauf se comporter comme des ministres de
la République parce que nous ne voulons pas être plus que des Algériens, comme tous les autres », rétorquent de humbles citoyens à cette justification sentant la provocation. Ah, si tous les platanes de Tlemcen se mettaient à parler… 

Chahredine Berriah

In El Watan du 30 janvier 2008 

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Hassan Moali : révision constitutionnelle et après…

Posté par miloud medjamia le 30 janvier 2008

La vie politique nationale rythmée par le projet de révision constitutionnelle et un troisième mandat pour Abdelaziz Bouteflika La fin imminente de l’exception algérienne  La « Moubayâa » pour un troisième mandat en faveur de Abdelaziz Bouteflika qui fuse sur un ton monocorde des bouches de tous les responsables du pays est un signe qui ne trompe pas : l’Algérie version Bouteflika aura rattrapé les pays arabes les plus arriérés en termes de pratique démocratique.
 
Désormais, le principe de l’alternance au pouvoir, si cher à Montesquieu, est déclaré hérétique par les nouveaux « prophètes » de
la République. Le tandem Abdelkader Bensalah, président du Sénat, et Abdelaziz Ziari, président de l’APN, nous apprend que la limitation des mandats présidentiels à deux est en soi une atteinte à la démocratie ! Faut-il remarquer, soit dit en passant, que c’était sous les ordres du même Bensalah que fut adoptée l’actuelle Constitution, aujourd’hui décriée, qui limite justement le règne présidentiel à seulement dix ans, sous l’impulsion de l’ex-président Liamine Zeroual. Mais les temps ont changé, et M. Bensalah semble avoir mis à niveau ses « convictions » selon l’ego du maître du moment. Le président Zeroual, pourtant général de l’armée, avait donné une formidable leçon de démocratie et de sens de la mesure en se retirant avant même que son mandat ne s’achève. Son geste hautement politique devrait paraître ringard, voire risible aux yeux de ceux qui lui tressaient alors les lauriers et font aujourd’hui la claque à celui qui s’apprête à faire exactement le contraire, c’est-à-dire prolonger, à l’infini si possible, son sultanat. C’est que les soutiens ex cathedra prononcés par le duo Bensalah-Ziari censés représenter le peuple constituent incontestablement un acte fondateur d’une République héréditaire à la tunisienne et à l’égyptienne. Ceux qui rêvaient encore des lendemains qui chantent pour la démocratie devraient maintenant faire le deuil de l’exception algérienne. Cet îlot de liberté, qui illuminait durant les années 1990 la grisaille despotique des potentats arabes, sera envahi par la mode de gouvernance anachronique façon Moubarak, Benali, Ali Abdellah Salah, El Gheddafi, El Assad et autres roitelets arabes. Fatalement, l’Algérie rejoindra, sans gloire, des pays comme l’Egypte,
la Tunisie, le Yémen,
la Syrie dont les régimes dictatoriaux y sont proverbiaux aux yeux du monde entier. Et pour notre pays qui aura payé un très lourd tribut pour la démocratie avec les émeutes d’octobre et la décennie du terrorisme barbare, la régression sera sans doute abyssale. L’équation en gestation se décline ainsi : l’Algérie est appelée à faire table rase de ses acquis et ses conquêtes démocratiques — pluralisme politique, ouverture médiatique, liberté d’association… — au profit d’une mise au pas de la société via un régime omnipotent et omniprésent. 
Mise à niveau arabe  Curieusement, cette sombre perspective reçoit une standing ovation de pratiquement toute la « classe » politique invitée à rentrer, de gré ou de force, dans les rangs à la queue leu leu. Et malheur aux derniers, aux hésitants… Ce bel unanimisme aurait pu rasséréner s’il s’agissait d’un projet politique progressiste dans une Algérie en plein doute. Or nous sommes véritablement face à un attentat politique en bonne et due forme contre la démocratie, la liberté et plus généralement le principe d’autodétermination. On ne peut soupçonner le peuple algérien frondeur d’être à ce point arriéré pour donner son onction à un dessein politique qui le renvoie tout droit vers la période de la glaciation de feu Boumediène. La gifle du 17 mai renseigne au demeurant sur l’incroyable fossé séparant les Algériens de ceux qui les gouvernent, à quelques niveaux qu’ils soient. Mais rien ne semble, hélas, pouvoir arrêter cette marche inébranlable de l’Algérie version Bouteflika acte III, vers le cercle très fermé des régimes autocratiques arabes. Triste sort que celui d’une Algérie démocratique qui, au lieu de contaminer ses voisins — le Maroc et
la Tunisie — dont les peuples nous enviaient la liberté, a fini par (re)choper le virus de la dictature civile par le fait d’une vision messianique d’un Bouteflika « sauveur » que les metteurs en scène de
la République se chargent de vendre au peuple par de théâtrales prières à une « Ouhda Thalitha » relayées par l’ENTV. Tout se passe comme si, en Algérie, il n’y aurait pas de vie sans Bouteflika. Ce procédé, qui ne fait même pas rire, aura achevé de discréditer la politique dans un pays où le Président s’apprête à changer de statut en recevant la couronne du roi ou du sultan à la faveur d’un troisième puis, qui sait, un quatrième mandat. Et ceux qui contestent à Bouteflika ce règne sont évidemment estampillés ennemis de
la République ou ce qui en reste, par les thuriféraires du régime. « L’Algérie libre et démocratique » restera un slogan creux au soir d’avril 2009. Notre pays cédera sa place à la… Mauritanie, au Mali et au Sénégal qui ont désormais les yeux rivés vers le Nord. Quant à l’Algérie, le soleil brûlant de l’Orient rétrograde a fait perdre la boussole de la démocratie à ses dirigeants si tentés par une autre traversée du désert, plus confortable celle-là. Et pour longtemps si possible… 

Hassan Moali In El watan 30 janvier 2008

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